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Le feu d'ici et l'au-delà

 

Le feu d'ici et l'au-delà


 Le cercueil est très beau et j'y suis bien dedans.

Bien capitonné, il ne me serre pas aux épaules ; ça me change de ma vie où j'ai toujours eu des problèmes vestimentaires : carrure trop importante ou col trop petit… Ce fut un choix cornélien jusqu'au jour où je passais aux vêtements "sur mesure".

Ma chambre mortuaire est décorée sobrement; je reconnais la patte de mon épouse, Déborah : le juste ton sans tralala.

Je plane au dessus de mon cercueil enfin libéré de mon enveloppe charnelle…

Au fait, je ne vous ai pas dis ce que je fais là ? Je suis venu habiter l'esprit du défunt Robert H. Maréchal.

Moi, vous me connaissez : émanation de l'esprit sage de Pawata, je virevolte à travers le temps et des situations diverses afin d'y apporter ma touche.

Etant esprit, je suis immatériel et si je ne peux influer physiquement dans les évènements, j'ai la faculté de pouvoir pénétrer les cerveaux humains.

Cette fois-ci, j'ai voulu me rendre compte comment agit l'entourage d'un mort le jour de ses funérailles.

Vous, vous ne pouvez pas connaitre puisque vous n'êtes jamais mort.

On ne peut jamais savoir ces choses là tant qu'on n'est pas passé de l'autre côté et peu de gens sont revenus nous le raconter.

Ça manque de communication, forcement !

Déborah entre, une couronne de fleur entre les bras. Elle la pose sur la table des souvenirs. Son visage est ravagé de larmes que je crois vraiment sincères : on ne vit pas quarante ans avec quelqu'un sans avoir des affinités profondes.

Bien sûr, notre vie commune ne fut pas un fleuve tranquille et il lui est arrivé bien souvent d'avoir à marcher sur la rive.

S'est-elle doutée de mes infidélités ? Je n'en suis pas sûr mais en tous cas, elle n'en a jamais rien laissé paraître ou elle a eu l'intelligence de dissimuler.

-        Mon pauvre Robert, comme tu vas me manquer avec tes coups de gueule et tes coups de cœur… Quelle idée de faire une attaque cardiaque à soixante ans, juste au moment de prendre ta retraite.

Elle prend la main froide du mort et l'embrasse tendrement. Ce geste me bouleverse car il est absolu de sincérité puisque fait sans témoins. 

C'est là que je suis heureux d'avoir souscrit une assurance vie de cinq cent mille euros dont elle sera bénéficiaire.

Mais, pour le moment, elle n'est pas encore au courant, enfin, je le crois...

Jean Louis, mon meilleur ami, entre à son tour. Son visage reflète une douleur humble ; il vient près de moi et serre mon bras fortement.

-        Adieu Robert, mon poteau, mon ami; Tu vas me manquer aussi vrai que l'air manque à un noyé…

C'est bien de lui ça : toujours faire des paraboles sur tout, mais celle-là me va droit au cœur.

Il se tourne alors vers Déborah et la prend dans ses bras dans un élan fraternel; il la serre, puis… l'embrasse !

Ho le salaud ! Le traitre !

Et Déborah qui ne se soustrait pas à l'étreinte ? Quoi ? Elle lui rend son baiser ?

Quelle salope ! Mais… Mais, ils sont habitués à s'embrasser ! Ça se voit…

J'ai compris: ils sont amants.

Et moi qui avais toute confiance en ces deux !

J'avais tellement confiance que c'est au cabinet d'assurance de Jean Louis que j'avais souscris l'assurance vie qui va faire de Déborah une riche veuve.

Tout en étreignant ma femme, ce salaud à un regard vers mon corps…

Un regard qui me remercie.

Ils vont pouvoir vivre heureux avec la prime.

Je hurle, je gueule, mais mon cri reste muet.

Ah que j'aimerais être un bon vivant pour lui mettre mon poing dans la figure.

Mais je suis mort et les morts doivent accepter les aléas de la vie…

Comment faire autrement ?

Un conseil : essayez de mourir après votre femme et votre meilleur ami, ça vous évitera une vie éternelle tourmentée…

A cet instant, je reçois une pensée de Pawata qui me dit :

"La mort peut aussi servir à redresser les injustices de la vie"

Dont acte…

Le feu d'ici et l'au-delà

 

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D
C'est une hypothèse mais ce pourrait être çon sort.
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A
sa dernière concession, en quelques sortes...
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D
Si c'était cela, Robert H. aurait plusieurs femmes autour de lui dans le salon pour le consoler du départ précipité de Déborah, surtout qu'il admet lui-même avoir commis quelques infidélités. Mais il lui faudrait partager l'héritage avec quelques unes. Ce serait sa consolation à elle.
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A
En tous les cas, la mort de l'homme reste le sujet mais si j'avais inversé les sexes ? Si j'avais mis madame dans le cercueil au lieu de monsieur ?<br /> Hé hé
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F
et oui  la vie nous réserve bien des surprises et certainement qu'on doit les découvrir quand on est dans l'au-delà
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