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Ils sont fous tout ce monde-là (5) Par Di

 

 Ils sont fous tout ce monde-là (5)  Par Di

 

 

 

La prostituée maudite

 

 

 

Lilith pensait à sa descendance qu’elle voulait prospère, mais jusque-là, aucun homme n’avait comblé son désir de maternité. Cela la préoccupait beaucoup. Son frère jumeau Noax ne concevait pas non plus malgré sa virilité croissante. Elle avait honte de ne pas procréer et de ne pas laisser de trace de son passage sur Boulderien. Elle se demanda si les hommes n’étaient pas tous stériles.

Ses voix lui avaient confié un jour que de s’accoupler en se couchant sur l’autre personne était un signe de pouvoir. Elle acceptait de recevoir le plaisir du donneur que si elle était placée au-dessus de lui. Elle ne voulait pas faire de missionnaire. En tant que femme, Première Ministre de Boulderien, elle ne supportait pas de porter le poids d’un homme sur elle. D’ailleurs, elle pensait faire une loi en ce sens, à son retour sur Boulderien.

Elle posait des questions, mais ses voix ne venaient plus lui répondre. Elles boudaient juste parce qu’un soir elle avait effacé leurs lèvres. Fallait-il vraiment qu’elle se laisse dominer par un homme pour qu’elle puisse recevoir sa semence, porter et nourrir la chair de sa chair ? Dans ce temps-là d’espace-temps, il fallait avoir des couilles énormes pour se prendre pour un homme, quand on était femme et son gène sans-gêne actif de Lilith transmis par son père extra-Boulderien n’était pas pour l’empêcher de le dire.  

 Noax avançait dans ses recherches généalogiques. Il avait réussi à s’infiltrer dans tous les systèmes d’exploitation de l’univers. Il découvrit à la fin que son père était Terrien, qu’il avait une compagne qui avait des enfants et qu’il s’appelait Adam. Il fit un tour d’univers avec son télescope. Quand il zooma au plus loin, il entrevit que le peu d’humains qui vivaient sur cette planète ressemblaient plus à des singes qu’à des hommes. Il démarra le moteur de son OVNI pour aller sur Terre, car il voulait trouver son père et sa mère. Malgré leurs mésententes, il ne voulait pas laisser sa sœur dans l’ignorance et lui écrivit un message sur lequel il lui dit de ne pas le chercher, qu’il partait sur Terre pour toujours. 

 Sachant cela, Lilith fut contrariée et rassembla ses meilleurs conseillers, laissa tenir les guides du gouvernement par un opportuniste. Il n’attendait que ça pour appauvrir davantage les plus démunis. Pour que ses frais soient défrayés, elle prétexta accomplir une mission top secret sur Terre, avec ses conseillers, en mentant effrontément sur les raisons. En réalité, elle voulait trouver avant Noax un lot de terre pour s’y faire construire une résidence secondaire où elle se réfugierait en cas d’attaque ou de guerre. 

En coiffant et recoiffant ses longs cheveux d’un roux flamboyant, elle attendait son amant du jour dans une pièce baptisée « Lilith », en son honneur. Elle était habillée d’une robe vaporeuse d’un blanc laiteux immaculé bordée de perles blanches qui faisait ressortir son teint bronzé. Son décolleté attirait l’attention immédiate de tout bon connaisseur de formes divines. Elle était belle ! 

L’amant quotidien n’était jamais le même, car elle avait un goût varié pour les hommes. Un valet se chargeait de trouver les plus beaux pour combler ses moments de détente. Cette fois-ci, il était satisfait de sa trouvaille. Il vint l’aviser que Salmon Cocoquiam était arrivé à la bonne heure et de belle humeur, qu’il avait un cadeau à lui offrir et qu’il était frais et dispos pour elle. Lilith nota sur son carnet que la ponctualité était louable. Ce point valait un bon point. Le valet la conduisit à la suite nommée pour elle « Le plaisir de Lilith » où l’attendait nerveusement l’amant. Le valet ferma la porte et les laissa seuls. 

Elle déboutonna d’abord les boutons qui attachaient sa robe devant en prononçant : « Et si j’étais papesse d’une religion que je mettrais sur pied avec mon coup d’envoi des plus élégants, m’aimeriez-vous autant que maintenant, ou plus ? Qu’en pensez-vous Salmon ? Il n’entendait rien, subjugué par le corps de Lilith. « Salmon », redit-elle en soulevant la poitrine. « Qu’en pensez-vous ? » Elle savait par ses lectures que la papauté était le plus grand des pouvoirs et que les anges et les saints étaient ses gardiens. Deux boutons seulement retenaient sa poitrine. Elle les défit pendant qu’elle attendait sa réponse et tout à coup sa poitrine explosa hors de sa robe. Il resta émerveillé et ne cessa de la regarder pendant qu’elle enlevait son corset qui lui étranglait la taille, comme celui que portait Barbie-Mère dans sa jeunesse. Il mit ses seins au grand air et les pria d’être bons pour lui. Salmon n’avait d’yeux que pour son corps et la délassait du mieux qu’il pouvait le faire. Elle nota que malgré le fait qu’il s’entêtait à prendre la position du missionnaire qu’elle jugeait contrôlante pour la femme, elle se serait crue dans un lieu sanctifié où les saints sont absents, appelés ailleurs pour aider un adulateur.

Pendant ce temps, son substitut au gouvernement profita de son absence pour imposer en son nom une taxe extraordinaire afin de payer les sorties extravagantes de son Altesse Lilith, la première ministre. On faisait circuler des rumeurs comme quoi elle recevait des cadeaux ou de l’orfau de ses amants quotidiens, qu’elle n’aimait pas les missionnaires, que c’était une sorcière et qu’elle était sans-gêne. On ne parlait que d’elle, comme si elle était la tentation du serpent, un monstre de mer, une voleuse d’enfants. On la disait cochonne, maudite vache, poule de luxe, souris de partis, la l’oie du diable, la cigogne infertile. On ne l’appelait plus Lilith, on disait « La Prostituée maudite ».

Ses voix vinrent vers elles en demandant de redessiner leurs lèvres pour qu’elles puissent s’exprimer. Ceci fait, elles lui apprirent tout ce qu’on disait d’elle sur Boulderien. Elle se mit en colère. Tout à coup, elle entendit les pas de Noax qui entrèrent avec fracas dans la chambre, avec une femme. Noax lui présenta sa mère … leur mère, la mère qui leur avait donné la vie et à qui ils devaient d’avoir un nombril.

Quand elle vit sa mère à côté de son frère, Lilith se fâcha et lui cria : « Mère ! Pourquoi donc nous as-tu abandonnés ? » Noax lui dit d’un ton fâché de se taire et d’écouter attentivement leur maman, car elle parlait un langage un peu différent du leur. Elle avait un accent … 

« Quand moé vivais su’l Boutte de Rien, j’ai vu homme tomber du ciel. J’ai dit. C’est le souffle du Dieu qui te pousse vers moé ? J’m’appelle Adam, il a dit. II ria quand j’ai dit « mAdame ? ». On a copulé et le « souffle » a poussé nous jusqu’à planète Terre. Arrivés là, on a vu qu’il avait une « promise » qui l’attendait avec un bébé dans les bras. C’était Ève. Elle faisait semblant d’être belle pour séduire mon homme. Moé, chuis devenue « grosse » et fallait cacher ça à Ève. Ça fait que Adam et moé on a accouché sur Boulderien pour cacher nos jumeaux à elle, la maudite Ève. J’ai dit à Adam : « C’est elle ou c’est moé ». Il a dit « C’est elle le jour et c’est moé la nuitte ». Toute ça pour dire que le père Adam a eu des enfants d’elle et de moé itou. La différence entre nos deux espèces est un gène sauteur muté en gène sans-gêne que vous avez tous les deux mes enfants, mais qui est actif que sur Lilith.

Tout à coup entra dans la chambre Salmon qui avait oublié son chapeau. Quand la mère de Lilith et Noax le vit, elle dit avec colère : « Adam, que fais-tu dans la chambre de notre fille Lilith déguisé en Salmon de Cocoquiam ? » Ève était l’épouse d’Adam, le premier homme sur Terre. Ils étaient le père et la mère biologiques de Lilith et Noax. Adam était le père de Lilith avec qui il enfanta d’autres enfants et le père de Noax qui se maria avec sa demi-sœur de qui il eut des enfants. Des enfants de Lilith se marièrent avec les enfants d’Ève et enfantèrent d’autres enfants.

« Ah cette Lilith ! C’est la première garce que la Terre a porté et c’est moé qui paie pour ses péchés. »

Maman ! dit Noah, tu parles de Lilith, ta fille ?

Et là, comme dans une histoire folle, Adam-Salmon prit la main de Lilith et annonça qu’ils s’étaient vus, connus et reconnus comme étant Dieu et Déesse de toutes les planètes. Ayant toujours des enfants portant le gène sans-gêne actif, elle se tua et hanta les rêves d’Adam pendant 130 ans.

 

 Ils sont fous tout ce monde-là (5)  Par Di

Fin

 

Di

 

 

 

 

 

 

 

 

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D
Je pense que les Boulderiens se sont révoltés, ont banni l'orfau, ont rejeté le gouvernement et sont redevenus heureux comme avant, quand tout le monde était égal. Sur cette petite planète d'un million d'habitants, tout devrait rouler rond comme une boule maintenant. C'est ce que j'espère. Pour les Terriens, c'est une autre histoire... Merci beaucoup Hélène.
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L
Lilith, de par son gène sans-gêne, était mauvaise et assassine mais elle avait un délicieux franc-parler, à regretter ! Pourvu que le gène féministe subsiste dans ses descendantes ! Mais même sans le gène sans-gêne, Adam me semble en avoir l'équivalent ... Bien fait pour lui ! Qu'adviendra-t-il de la planète Boulderien et ses habitants, Di ?
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M
Lillith  prenait tellement de place qu'on en oublie son Iznogoud de remplacement ! Les pauvres Bouledriens, je les plains, mais si cela nous donne un petit répit au Québec, je ne suis pas contre !<br />  
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D
Par contre, Boulderien reste "pogné" avec le premier ministre que je leur ai envoyé pour remplacer Lilith afin de les gouverner. Monsieur Coucou... Un peu de repos pour nous les Québécois. Misère !
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M
Ah bon, merci de me préciser que la chipie-victime est bel et bien Lilith, une Belzébuth pire que les Amazones, une méchante féministe qui n'aimait pas les hommes. Les Boulederiens en sont bien débarrassé ! 
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