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Fée Dodue et la balance de la justice Par Lénaïg

La balance de la justice

 

L'envoyée immatérielle de Pawata sous le nom de Lenaïg n'en mène pas large : sa partie matérielle à laquelle elle est rattachée (son cerveau) est encombrée de diverses préoccupations temporelles et impératifs concrets, son inspiration s'en trouve coupée dans son élan et pourtant Lenaïg doit avancer et travailler. Le grand Pawata qui sait tout "sonne" alors Fée Dodue, le double de Lenaïg. Fée Dodue répond tout de suite "présente !" et s'en vient rendre visite à Lenaïg, qui en saute de joie ! Fée Dodue lui conseille, pour se "rebooster", de se remémorer tout ce que l'entité humanoïde Néan lui a révélé, exploits mentaux que Lenaïg a retranscrits dans son petit roman intitulé "Ils sont là ". "Prends-en de la graine, mamée" (eh oui ! Lenaïg est l'heureuse grand-mère d'un jeune et fougueux 2R - Rémi Raymond), "fais ressortir au grand jour ces exploits-là, qui ont autant de réalité que les actions rapportées par tes collègues Aganticus, Di et Marie Louve ! Ce n'est pas toi qui les a accomplis, mais tu as su percevoir la voix mentale de Néan (qui n'a rien à voir avec le néant, mais avec ... Néandertal) et tu as su les coucher par écrit. Te rends-tu compte que toi-même tu es capable maintenant d'en faire autant, animée par le souffle pawatien ?" Alors Lenaïg s'exécute, elle offre, tel quel, son récit de 2008, pour s'échauffer avant de se lancer dans une nouvelle aventure.

Fée Dodue est restée seule dans l’appartement, elle attend, et finit par s’endormir. Elle n’a pas eu son compte de sommeil cette nuit. Avant que Lena ne sorte, elles ont choisi ensemble un prénom pour la Chef : Cassandra. Cela lui ira bien : Cassandre était celle qui prophétisait, et qu’on ne croyait pas ! En plus, c’est une façon de conjurer le sort : cette Cassandre-ci n’annonce pas le malheur … Avant de sombrer dans le sommeil, Dodue voit défiler ce que Néan lui a déjà montré.
La marche d’un condamné à mort aux Etats-Unis soudainement interrompue car un nouveau témoin, rongé par des années de remords et de peur pour sa personne, est venu le disculper. Le condamné n’est pas un ange, mais le verdict sera changé : « homicide involontaire » … Le témoin, ne s’expliquant toujours pas d’où il tient son courage, sera protégé.
Puis une vieille femme mal fagotée, les cheveux en broussaille, les yeux bouffis, en train de dévorer un sandwich et de boire du gros rouge à même la bouteille, protégée par la nuit. « Vieille femme » ? Non, quand on la regarde de près, elle n’a que la quarantaine à peine dépassée. Cette SDF sur son banc fut une avocate de renom, qui a un jour perdu pied. Elle se sent condamnée, elle aussi. Elle a commencé à boire avant de lâcher la profession, elle perdait tous ses procès, quand elle plaidait, ça se voyait et s’entendait qu’elle buvait. Mais alors qu’elle mastique son pain sous son réverbère, un déclic se produit. Chassé le ressassement de ses échecs, la douleur d’un amour perdu, une jeune fille lui crie « Merci ! » à la fin d’un procès célèbre, et le merci s’amplifie à l’infini… Souvenir !

Un type, qu’elle a défendu aussi, après un casse, est en train de passer la tête à la porte d’une chambre, contemple un instant son fils endormi avant de rejoindre sa femme et se dit : « Où peut donc bien être Maître Duchemin, on n’entend plus parler d’elle. Elle a su trouver les mots justes pour me parler et pour plaider. C’est à elle que je dois de m’en être sorti. J’espère qu’elle continue» 

Vision ! Grande décharge d’adrénaline chez Maître Duchemin sur son banc.

Jusque-là, elle a découragé, envoyé promener toutes les aides qui se présentaient. Demain, elle ira frapper à la porte de son frère, il l’a toujours laissé grand ouverte pour elle, c’est elle qui n’est jamais allée, par dégoût d’elle-même, par fierté.
Dans une cave de HLM, une jeune fille a été entraînée par un groupe de caïds de la cité. Sandra a eu le tort de s’habiller comme elle veut. Tops très décolletés, jeans serrés, robes minis. Ils s’apprêtent à la violer et la force à boire de la bière, ils sont déjà bien imbibés. Ils sont en train de rigoler et la salissent par leurs mots. Sandra est horrifiée, ne crie plus et ne se débat plus, presque inconsciente de terreur et de dégoût. Tout d’un coup, c’est l’immobilité, le silence se fait. Sandra commence à respirer plus normalement et sent l’espoir gonfler en elle.

Les jeunes mecs se sont tous assis et ont arrêté de boire. Ils se regardent et comprennent que le même film est en train de se dérouler dans leurs têtes simultanément.

Sandra est dans sa chambre avec une amie, c’est samedi après-midi et elles se préparent pour leur sortie. Chaque garçon a l’impression de voir la scène par les yeux de cette amie.

-        T’es vraiment canon, toi… dit l’amie, moi, j’ai un gros cul, je ne peux pas mettre toutes ces tenues, je plais moins, j’suis un boudin ! 

-        Mais, Coralie, moi je te trouve très jolie, tu as de beaux yeux, de beaux cheveux, mets en valeur tes atouts. Je vais te faire un brushing, je vais t’aider à te maquiller. 

-        Tu connais plein de garçons, toi, dans ton lycée. T’as même eu un copain, même si ça n’a pas duré. Moi je n’en ai jamais eu et je n’ai jamais couché. 

-        Coralie, qu’est-ce que tu crois ? Moi, non plus ! Je viens d’avoir quinze ans, toi tu les as même pas ! Je fais semblant, c’est pour avoir l’air cool ! Avec Cedric, on n’a rien fait, enfin presque. Mais il était trop égoïste, fallait que je me coltine tous les matches à la télé, même quand on aurait pu aller danser ! 

-        Ah bon ! Mais je croyais que … Avec les autres filles du lycée, quand vous parlez des garçons, moi j’ai l’impression que vous faites collection ! 

-        Écoute, t’es mon amie, je suis bien avec toi. Tout à l’heure en rentrant on fera nos devoirs ensemble. Alors, je ne vais pas garder le masque de la fille que je ne suis pas. Les autres meufs font ce qu’elles veulent, moi je te dis la vérité. D’accord, je suis coquette, j’aime bien provoquer. Sentir que je plais aux garçons, ça me provoque des frissons. Mais je n’ai aucune envie qu’ils me sautent dessus ! Tu sais, avant d’aller faire du shopping, on se cherchera des boucles d’oreilles, hein ?, on traversera la place où ils font du skate, j’espère que Farid y sera. Lui, j’aimerais bien qu’il me regarde. Au lycée, on ne s’est pas encore beaucoup parlé, mais je me sens attirée …

Le premier film s’estompe, une nouvelle séquence apparaît aux garçons, qui se retrouvent cette fois dans la tête de Sandra. Celle-ci rentre chez elle, ce mardi soir, ça caille, elle est pressée, alors elle coupe par le terrain vague, tête baissée. On lui barre le passage, on la traite de tous les noms, on lui caresse le derrière, elle enlève une main de sa poitrine, mais on l’empoigne, on l’entraîne dans la cave. On la force à boire, en lui tirant les cheveux.

FIN DE LA SEQUENCE.

Les gars reviennent à eux, ils sont sonnés. Ils ont du mal à se remettre dans leurs personnages. Après s’être incarnés en Coralie, puis en Sandra, leur vision du monde a changé. Sur les filles en tous cas ; pour les trafics, le racket, les caisses de bière ça c’est pas gagné !

-        Bon, excuse-nous, tu vois bien qu’on était bourrés !  dit un grand malabar noir qui a l’air d’être le chef. Mais dis donc, ‘tit’ sœur, arrête de nous aguicher. Ça fait longtemps qu’on t’a repérée. On ne te demande pas de te couvrir de la tête aux pieds, mais là, t’en fais trop ! Si tu n’as pas compris, nous on te le dit ! T’as bien un gilet, mais, dessous, t’as les seins qui sortent presque et ton string qui dépasse du jean. 

-        T’as raison, Ibrahim. Ouais, tu veux jouer les filles trop libérées, nous on décode : « pute » ou « nympho » grommelle un autre, l’air penaud ; c’est Jason, les bras couverts de tatouages sur ses « biscottos » blancs. Ibrahim reprend les choses en main :

-        T’es une fille bien, il ne t’arrivera rien. T’inquiète, dans le quartier, on gardera un œil sur toi. Comme sur nos frangines. D’ailleurs va peut-être falloir qu’on révise un peu notre position, elles en ont marre de rester enfermées. 

-        Et un œil sur ta copine, la boulotte, celle qui est toujours avec toi, ajoute un troisième, bien enrobé lui-même, puis il tourne la tête, l’air gêné.

Personne, ô chose étrange, n’a semblé se demander d’où venaient tous ces flashes et ces nouvelles idées. Cela s’est installé le plus naturellement du monde. Dodue sourit en y pensant et reçois cinq sur cinq un message exprès de Néan : « au-delà de la sympathie, Fée Dodue, notre secret dans ce que vous avez vu, c’est l’empathie, se mettre dans la tête des gens en face de vous. Vous en êtes capables, si vous le voulez, humains terriens, même si vous n’en êtes qu’au début. Nous ne faisons qu’utiliser votre potentiel caché ». Cette phrase que Néan a lancée, même Lena l’a captée, au dehors, dans sa tête, elle a hâte d’en savoir plus par Dodue, quand elle sera revenue.

 

Fée Dodue et la balance de la justice
Lenaïg

Texte et dessin-montage naïf : la balance de la justice, le fou pesant le poids d'un roi.

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L
Coucou, Di, Marie Louve et Victoria. Quelle tuile, Marie Louve, ces crises récurrentes ! Merci pour votre lecture et vos commentaires. Et maintenant je m'en vais lire LES POUPOULES AU POUVOIR, chez Aganticus ! Bizzz à tous.
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V
Très réaliste ton récit Lenaïg et qui dérange quelque part ou plutôt qui te met en rage contre des faits malheureusement réels. Etre une fille dans certains endroits ou pays ressemble à l'enfer et ça, je ne peux ni le concevoir ni le supporter. 
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M
Je sors du brouillard ! Je suis là, j'ai suivi le fil conducteur. Super de nous ramener Dodue la bien aimée. <br /> Désolée du retard Hélène. Ça tourne pas rond depuis 10 jours. Ça tourne. Rechute labyrinthite. Cette peste me revient à tous les changements de saisons depuis que j'ai fait une première, mais violente attaque. Foi de moi, ce qui est écrit là est vrai !<br /> Les vertiges (oculaires et posturaux) et les étourdissements intenses sont les symptômes les plus constants de la labyrinthite. Ils témoignent de l'atteinte vestibulaire de l'oreille interne, en fait de l'incohérence entre les signaux transmis par le labyrinthe et les autres perceptions du corps par le cerveau. Ils sont accompagnés le plus souvent de nausées et de vomissements. Parfois, la marche et la position debout peuvent alors être difficilement maintenues. Un nystagmus (mouvement involontaire des yeux) peut aussi être présent.<br /> Super ton récit. On souhaiterait l'existence de multiple fée Dodue dans ce monde qui ne tourne pas rond du tout. Bises. 
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D
Félicitations pour la venue de R.R. Déjà grand-maman ? Fée dodue et Danilo (si je me souviens) ont fait du beau travail. La balance que tu as dessinée est parlante et espérée. Mais on sait que tout se sera pas égal pour l'enfant qui vient de naître, dans un pays ou dans un autre, chez ses parents ou ceux des autres, fortunés ou pauvres ... Mais tout ce qu'on dit à quelqu'un peut changer quelque chose dans sa vie, dans sa vision des choses et de lui-même, et cela commence déjà au berceau. On se construit peu à peu avec ce qu'on reçoit de sa famille et ensuite, il y a l'influence des autres qui embarque, dès qu'on met un pied à l'école. L'empathie n'est pas donné à tout le monde et surtout pas aux escrocs de toutes sortes, mais ça se cultivait si on leur apprend. De nos jours, ça se pratique de moins en moins, selon moi, car des enfants-rois ne peuvent comprendre qu'ils n'ont pas tout, tout de suite. Si l'Homme avance à petits pas dans l'Humanité, il existe des barbares qui essaient de le faire reculer. L'empathie est un bon outil pour améliorer les choses grâce à la télépathie de Fée Dodue avec Lenaïg. Bonne journée et bravo Hélène.
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L
Coucou par ici, Enriqueta, merci à toi. L'empathie dans le réel, oui, tout à fait, à défaut de télépathie dont il est question dans mon monde imaginaire. Les deux combinés, que de problèmes on pourrait régler ...
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